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Qui veut la peau des groupes de rhum?

Mercredi dernier, alors que l’auteur de ces lignes consultait son fil d’actualité Facebook comme à l’accoutumée, une information inquiétante se propageait : un groupe emblématique de la communauté du rhum aurait fermé ses portes pour de bon. Très vite, d’autres groupes sont frappés du même mal et dans la foulée, des doigts accusateurs se lèvent. Qui donc serait à l’origine de cet acte ignominieux?

Il n’en faut pas plus à Sherlock Rhulmes pour enfiler ses Crocs et se lancer dans cette enquête qui s’annonce passionnante.

Ainsi donc, plusieurs groupes ont fermé. Des groupes de toutes tailles pouvant compter plusieurs milliers de membres et créés il y a parfois de nombreuses années comme “La bourse aux samples” ou un groupe permettant de s’échanger des bouteilles de collection. Impossible de citer le nom de ce groupe qui, comme le phénix, renaît toujours de ses cendres et dont l’administrateur souhaite éviter d’en faire la publicité. Protégeons son identité et appelons-le :

A l’été 2019, Facebook avait modifié ses règles concernant la vente d’alcools et le tabac. Un certain nombre de groupes ne se sont jamais remis de cette première vague : adieu les nectars de la perfide albion ou les cigares du comandante. Sur quelles bases? Un simple robot avec droit de vie ou de mort? Une première notifcation pour non conformité puis rapidement une deuxième et voilà le groupe suspendu. Il aura fallu supprimer des centaines de publication avant de soumettre le groupe pour examen. Par qui? Comment? Impossible de joindre quelqu’un chez Facebook.

Notre enquête, à ce stade, prend une tournure décevante. Point d’affreux bouc-émissaire à blâmer. Pas de guerre des Gaules groupes à l’horizon comme cela a pu être évoqué un instant. La piste d’un caviste ou d’un site d’enchères mécontent semble aussi définitivement écartée. Car vous l’aurez deviné, qui veut la peau des groupes de rhum? Cet homme :

Pour quelles raisons exactement? Redorer son blason terni par le scandale Cambridge Analytica? Imposer sa marketplace? Difficile à dire. Difficile également de trouver des solutions : MeWe, un forum, un énième groupe qui finira par fermer lui aussi…

Une chose est sûre. Ces groupes manqueront manquent déjà. Leur côté pratique bien sûr de pouvoir facilement trouver son bonheur en un clic. L’aspect émotionnel aussi avec les amitiés qu’ils ont contribué à forger. Et… l’influence ou le business qu’ils pouvaient générer pour certains amateurs ou professionnels comme Andreas Isopp, fondateur du groupe Rum Exchange, aujourd’hui supprimé, et qui a su capitaliser sur le succès de son groupe en lançant sa boutique en ligne et ses propres embouteillages.